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ARLES 2023 : L’Afrique vue par elle-même

Dernière mise à jour : 27 oct. 2023

Olivier Sultan est un des pionniers de la promotion des arts visuels d’Afrique. Après avoir étudié la philosophie en France, il part pour le Zimbabwe dans le cadre de la coopération culturelle française. Déjà passionné d’art, il a une véritable révélation en découvrant de multiples artistes très talentueux mais pratiquement inconnus. Il va s’investir dans leur promotion en montant une galerie d’art à Harare et en organisant plusieurs expositions à travers le monde. Les dérives du régime Mugabe le font revenir en France dans les années 2000. Il y créé, en réaction à l’ouverture du Musée du Quai Branly, le « Musée des Arts Derniers » pour répondre à la volonté des artistes contemporains d’Afrique de ne pas se laisser enfermer dans le concept occidental d’art premier. Ensuite, ce galeriste, découvreur de talents et militant engagé, créé la Galerie Art Z qui est devenu le passage obligé à Paris de tout amateur d’art africain.


Malick Sidibé et Olivier Sultan à Bamako en 2010

Malick Sidibé et Olivier Sultan à Bamako en 2010


Quel est le sens de votre présence à Arles durant les trois mois que durent ces Rencontres photographiques ?


S’il y a un peu moins de visiteurs que les années précédentes, on a ici un public très intéressé. Et on découvre un nouveau public, plus jeune, qui marque son intérêt pour la photographie et qui commence aussi à collectionner. Depuis quatre ans, j’y ai installé une galerie éphémère le temps des Rencontres pour pallier à l’absence de photographes africains dans la sélection officielle et contribuer à les faire connaître.

L’exposition « L’Afrique vue par elle-même » met en lumière l’évolution du portrait en Afrique. Il y a, bien entendu, le pionnier malien Malick Sidibé qui a influencé plusieurs générations de photographes en Afrique de l’Ouest. J’expose aussi les photos de Françoise Huguier dont les œuvres sont, d’une certaine manière, en dialogue avec celles de Sidibé. Et puis, il y a une jeune génération très prometteuse qui émerge à l’instar du jeune photographe sénégalais Mouhamadou Diop et de la franco-malienne Sophie Kouyaté qui habille les habitants de la banlieue de Saint-Denis avec des vêtements royaux d’époque, dans un clin d’œil historique qui vise à valoriser ces personnages anonymes.


Crédit photo : Sophie Kouyaté

Crédit photo : Sophie Kouyaté


L’Afrique réenchante le marché de l’art sur le plan mondial. Est-ce qu’il y a le même engouement international pour la photographie africaine ?


On a de grands photographes qui sont déjà bien arrimés au marché mondial comme Samuel Fosso, Oumar Victor Diop ou Zanele Muholi et toute une génération de jeunes photographes de talent qui progressent et commencent à montrer leur travail un peu partout dans le monde.

Comme ailleurs, les arts visuels sont de moins en moins compartimentés et plusieurs artistes utilisent des techniques mixtes alliant la photographie à la peinture et d’autres supports. Même si le thème de l’identité demeure très fort parce qu’il s’agit d’une identité en construction.

Mais la reconnaissance passe encore trop souvent par l’extérieur du Continent, en l’absence d’un vrai marché local qui pourrait créer plus d’émulation pour des artistes qui travaillent de manière passionnée dans un environnement relativement peu porteur pour arriver à vivre de leur art dans leurs pays d’origine.

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