Le Chateau - Un portrait d'Alioune Diagne

Alioune Diagne, initiateur et animateur du Château à Saint-Louis du Sénégal, un lieu d’accueil, de rencontre, de création et de proximité unique en son genre. A 40 ans, Alioune Diagne a déjà un fameux parcours comme danseur, chorégraphe et entrepreneur culturel. Ce passionné de danse autodidacte originaire de Saint-Louis s’est perfectionné en suivant des formations dans les principaux pôles de formation chorégraphique de la sous-région : à la Termitière de Ouagadougou chez Salia Sanou et Seydou Boro, chez Kettly Noël à Bamako ou à l’Ecole des Sables de Germaine Acogny à Toubab Dialaw (Sénégal).




Il commence par créer des solos qu’il montre à l’Institut français de Saint-Louis, seul lieu où il pouvait montrer son travail. Il n’ a pas encore 25 ans lorsqu’il monte sa compagnie Diagn’Art. Il créé ensuite le festival « Duo Solo Danse » dès 2008.


Tout en continuant à créer des spectacles dont « Banlieue » en 2012 qui a connu un important succès lors de ses tournées dans 18 pays d’Afrique et d'Europe, Alioune se met à la recherche d’un lieu pour abriter sa compagnie. Au départ, il s’agissait juste de trouver un bureau pour ne plus devoir travailler dans des cybercafés ou à l’Institut français. « Une amie qui travaille dans l’immobilier m’a montré un imposant bâtiment qui était à vendre et m’a mis en contact avec le propriétaire qui m’a laissé occuper une partie de ce grand espace. »

Alioune et ses amis se retroussent les manches et, en 1 an, ont remis en état le premier étage du Château pour pouvoir accueillir les acteurs culturels et les jeunes du quartier. C’est là qu’est installé un espace de répétition également ouvert à d’autres artistes qui ont beaucoup de mal à trouver des lieux pour se réunir.

« Nous avons installé l’espace dans un esprit de co-working et cela nous a permis d’accueillir d’autres structures : l’une active dans la production de films, l’autre dans l’ingénierie du son, la compagnie B-boys qui sont de jeunes danseurs ainsi qu'une association qui gère un festival de simbs (faux-lion). »

Aujourd’hui, dans une démarche de proximité, le Château accueille aussi bien les habitants du quartier que des résidences de création ou des tournages de films, il diffuse des spectacles et constitue une véritable pépinière d’acteurs culturels au cœur du quartier populaire de N’Dar Toute, sur la langue de Barbarie.

Convaincu de ce qu’il peut apporter aux jeunes saint-louisiens qui souhaitent s’investir dans la création artistique, Alioune joue avec brillo son rôle de catalyseur et de générateur de talents en gardant la porte du Château ouverte à tous les jeunes du quartier et aux porteurs de projets créatifs.

Depuis son ouverture en 2014, Le Château a généré une émulation créative sans précédents et plusieurs jeunes du quartier sont aujourd’hui devenus de réels professionnels des arts et du spectacle.




A ses rares heures perdues, Alioune est également artiste plasticien signant ses œuvres sous le nom de Lune Diagne. Il multiplie les collaborations tous azimuts à l’instar de ce travail commun avec la réalisatrice belge Kita Bauchet qui signe « Les Gestes de Saint-Louis », un documentaire de création, dans lequel deux jeunes danseurs de la compagnie Diagn’Art emmènent le spectateur à la découverte des quartiers populaires de Saint-Louis à travers la danse.


En prélude à la projection du film pour sa première belge à Bozar le 3 octobre dernier, Alioune Diagne a présenté « Siki », une œuvre chorégraphique en solo qui évoque le parcours de Battling Siki, champion de boxe du début du 20eme siècle, originaire de Saint Louis dont il est une icône méconnue.


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